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Disparition de Silva Gaboudikian   25/08/2006

Disparition de Silva Gaboudikian

Son poème "Khosk im vortiouyn" ("Parole à mon fils") avait fait le tour du monde. Un poème dans lequel Silva Gaboudikian demandait à son fils de tout oublier...mais jamais oublier la langue arménienne. Malgré son grand âge, Silva Gaboudikian avait beaucoup d'énergie. 

De temps à autre je l'appelais pour prendre ses inquiétudes sur la vie d'Erévan. Ella qui avait connu l'âge d'or durant la période soviétique où les poètes et artistes étaient adulés, était devenue un peu amère sur la nouvelle jeunesse de l'Arménie indépendante. 

Pourtant avec son énergie extraordinaire elle continuait à créer pour un auditoire certes réduit mais qui existait encore.

Adieu Madame Silva Gaboudikian.
Krikor Amirzayan.

Silva Kaputikian (Sylva Gaboudikian), was a major figure in contemporary Armenian literature, in her didactic poem, "Lines to My Child," implores her child to forget his mother before he forgets his mother tongue.

Social activist, oppositionist and writer Silva Kaputikian was born in Yerevan to the refugee family of Barunak Kaputikian, a Dashnak party member and a teacher, who escaped with his family from the genocide in Van. Having lost her father four months before her birth, Kaputikian was raised by her accountant mother and grandmother. She was nurtured by the violent turn of the century wars and revolution. At thirteen, her first poem appeared in "Pioner Kanch" youth journal, while she was attending Krupskaya school in Yerevan. She then went on to study and graduate from the Yerevan State University’s Humanities department in 1941 and took upper level classes at the Gorky Institute of Literature in Moscow during 1949-50.

A member of the Writers’ Union since 1941 and a party member since 1945, Kaputikian was highly involved in social and national activism. She was very vocal during the post-glasnost’ era, pairing up and appealing to Russian and foreign human rights’ activists on behalf of the refugees from Nagorno Karabakh during the Sumgait massacres in Azerbejan. A tireless spokesperson for Nagorno Karabakh, Zori Balayan’s comrade in solidarity, and an impassioned advocate of the oppressed citizens of her motherland, Kaputikian symbolizes the Armenian struggle and the legacy of survival.

The first Russian translation of Kaputikian’s collected poems appeared in 1947; since then her poetry has been translated into many other languages. Some of her famous prose works include travel essays, written of her visits to the Armenian communities in various foreign countries during and after the Soviet era. Kaputikian was an honorary member of the Yerevan National Academy of Sciences, and effectively used her literary name and prestige for raising such issues as nature conservation, corruption in the leadership, silencing of the press, and abuses of human rights in Armenia. She died on August 25th, 2006.

Her son is the celebrated sculptur Ara Shiraz, from her former marriage to poet Hovaness Shiraz.

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Message à mon fils

Elle a traversé la voie lactée,
Les cieux du temps,
Elle a crié son trouble,
En un vol de flèches arméniennes
Et grâce au saint génie de Mesrob,
Est devenue écriture et parchemin;
Est devenue espoir, est devenue drapeau !
Et a gardé notre départ intact. 

Avec elle a fredonné,
L'émigré arménien la plaie de son cœur.
Avec elle a retenti
Le chant de guerre de mon peuple;
Avec elle ma jeune mère
M'a mis un jour dans mon berceau.
Maintenant est venu jusqu'à toi
Son murmure séculaire…

Ouvre tes lèvres, parle mon trésor,
Gazouille bien fort, mon amour,
Que rajeunisse entre tes lèvres
Notre vieille langue arménienne…

Garde-la noble et pure
Comme la sainte neige de l'Ararat
Garde-la près de ton cœur,
Comme les cendres de tes aïeux,
Et du choc noir des ennemis,
Défends-toi avec son bouclier,
Comme tu défends ta mère,
Si l'on tire l'épée sur elle.

Et veille, mon fils, où que tu sois,
Ou que tu ailles sous cette lune,
Même si tu oublies ta mère,
A ne pas oublier ta langue maternelle
.


Silva Gaboudikian

Traduction Louise Kiffer



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