L'Institut > Communiqués > Communiqués, Opinions



Conférence IT - Marseille   12/04/2008

Conférence Institut Tchobanian - Marseille 

Tchobanian Institute Conference - Marseille

L’Institut Tchobanian, en partenariat avec l’Ugab France, a eu l’excellente idée d’inviter pour la 1ère fois en France Armen Ayvazyan, docteur es sciences politiques, directeur du Centre d’Etudes Stratégiques Ararat, pour un cycle de conférences.

Celle de Marseille, le 8 avril, après celle de Paris le 4, et avant celles de Valence et de Lyon a été particulièrement intéressante.

Devant un public d'environ 100 personnes réunis dans le salon de l'UGAB, sur le Boulevard Michelet, Michel Guéviguian, vice-président de l'UGAB Marseille et Varoujan Sirapian, Président-fondateur de l'Institut Tchobanian et directeur de la revue Europe&Orient ont souligné la grande compétence du conférencier ainsi que son indépendance vis-à-vis du pouvoir et de tous les partis politiques. Varoujan Sirapian a présenté le dernier numéro de la revue Europe&Orient, "Mensonges et Raisons d'Etat". Armen Ayvazyan participe régulièrement comme contributeur à cette revue géopolitique publiée par l'Institut Tchobanian. Le professeur Robert Der Mergerian assurait la traduction tout au long de la soirée.

Armen Ayvazyan a expliqué, carte à l’appui, les dangers qui menacent la sécurité de l’Arménie. Elle a hérité de frontières artificielles, établies à son détriment entre 1920 et 1923 par les Soviets et Ataturk. Le Siounik, large par endroits de seulement 40 km, ne donne pas une profondeur stratégique suffisante en cas d’agression azérie. Si le Karabagh qui lui est adossé avait été perdu en 1993, c’est tout le sud de l’Arménie (Syunik) qui disparaitrait et à terme l’Arménie tout entière.  En effet, après la perte de la région de Syunik, la plaine de l'Ararat ne serait plus une superficie stratégiquement et économiquement viable, et l'Arménie serait en outre enclavée sur toutes ses frontières par des Etats hostiles, la Géorgie faisant partie du plan américain de confinement de la Russie et du plan turc, pan-touranien, ce dernier projetant la liquidation, purement et simplement, de l'Arménie. De ce point de vue, il est primordial que le Djavakhk conserve et fortifie sa population arménienne car les plans géorgiens sont de la remplacer par des Azéris ou des Turcs meskhets, hostiles.

A une question concernant les concessions territoriales pour obtenir la paix, Armen Ayvazyan répondit qu’elles n’étaient pas possibles sauf à mettre en danger la sécurité de l’Arménie. Il a par ailleurs critiqué la politique du gouvernement arménien vis-à-vis de la Turquie estimant qu’il est contre-productif de proposer un dialogue sans conditions préalables alors que ce pays pose des conditions inacceptables. Par ailleurs selon Armen Ayvazyan, même un petit bout d'un territoire à une valeur stratégique et symbolique inestimable. Par exemple l’immense Russie refuse à ce jour les milliards de dollars proposés par le Japon pour une partie des îles Kouriles.

Sur les négociations en cours, présidées par le groupe de Minsk, il ne juge pas une issue possible, tant les positions sont éloignées : seul le rapport de forces militaire, diplomatique, économique décidera du sort du Karabagh, avec ou sans guerre.

Une question porta sur le coût du Karabagh dans le budget de l’Arménie. Sur le plan économique, le Karabagh et les territoires libérés sont riches : ressources du sous-sol, terres fertiles, ressources en eau. Surtout, ils permettent à l’Arménie d’atteindre la taille critique minimum du point de vue sécurité et viabilité économique, avec une superficie globale d'environ 42000 km2, approximativement l'équivalent de la superficie de la Suisse ou des Pays-Bas. Ce serait un comble de se poser la question en termes de budget, le Karabagh, comme Gumri, Vanadzor ou autres régions, faisant partie de l'Arménie.

Inévitablement, quelques interventions ont abordé la situation intérieure. Le cas de Monsieur Sefylian a été abordé. Il a déclaré à son propos qu’il était incompréhensible que ce responsable des Comités de défense des territoires libérés se soit rallié à un politicien, en occurrence Levon Ter-Petrossian, dont l’objectif était précisément de rendre ces territoires aux Azéris.

Il a souligné les conséquences de ces événements sur la sécurité, puisque les Azéris ont testé la capacité de résistance arménienne en n’hésitant pas le 4 mars à sacrifier 8 soldats d’élite dans un assaut local mais doté de gros moyens, notamment l’artillerie.

La soirée s'est terminée très tard et l'assistance a émis le souhait de pouvoir entendre Armen Ayvazyan sur d'autres sujets rapidement abordés comme l'identité arménienne, les relations entre l'Arménie et la Turquie, etc. 

M.A.
le 12/04/2008

The Tchobanian Institute in partnership with the AGBU France had the insight and the good fortune to invite to France, for the first time, for a lecture series Armen Ayvazyan, PhD in political science, Director of the Ararat Center for Strategic Research.

 There was a lecture initially in Paris, April 4th, followed by a particularly interesting one in Marselles on April 8th. The lectures in Valence and Lyon were to be held on the 9th and 10th April respectively.

 In front of a public of about 100 people gathered in the hall of the AGBU on the Boulevard Michelet, Michel Guéviguian, Vice President of the AGBU Marseilles, and Varoujan Sirapian, Founding President of the Tchobanian Institute, both underlined the enormous competence of the speaker as well as his independence from the governmental authorities and from all Armenian political parties. Varoujan Sirapian presented the latest issue of the “Europe & Orient” magazine, “Lies and Reasons of State”. Armen Ayvazyan regularly participates as a contributor to this geopolitical magazine published by the Tchobanian Institute. Professor Robert Der Mergerian rendered the translation throughout the evening.

 Armen Ayvazyan, with the supporting evidence, explained the dangers that threaten the security of Armenia. He underlined the fact that Armenia inherited artificial borders, established to its detriment between 1920 and 1923 by the Soviets and by Ataturk. The Syunik region, which in certain sections is only 40 km wide, does not provide a sufficient strategic depth in case of Azerbaijani aggression. If Karabagh - that is adjacent to Syunik - had been lost in 1993, this would have meant the disappearance of the entire southern part of Armenia and eventually all of Armenia. In fact, with the loss of Syunik, the Ararat valley would no longer be a strategically and economically viable area and it would be surrounded on all sides by hostile states with Georgia being part of the American plan of confining Russia and Turkish plans of Pan-Turanism, the latter envisaging no less than the liquidation of Armenia. From that standpoint, it is essential that Djavakhk preserves and strengthens its Armenian population because there is a threat of its replacement by hostile Meskheti Turks.

 To a question concerning the territorial concessions to obtain peace, Armen Ayvazyan replied that they are impossible without endangering the security of Armenia. He went further and criticized the policy of the Armenian government with respect to Turkey saying that it is counter-productive to propose a dialog without pre-conditions while that country insists on unacceptable conditions. Besides, according to Armen Ayvazyan, even a small piece of land has an enormous strategic and symbolic value. For example, giant Russia refuses to this day billions of dollars proposed by Japan for a part of the Kouriles islands.

 On the ongoing negotiations, presided by the Minsk group, he does not envision any possible outcome, as long as the positions of both parties are so far apart: only the combination of relative military, diplomatic and economic power will decide the fate of Karabagh, with or without war.

 A question addressed the impact of Karabagh on Armenia’s budget. On the economic scale, Karabagh and the liberated territories are rich: natural resources, fertile lands and water resources. They especially allow Armenia to attain the critical size from the standpoint of security and economic viability, with a global area of 42 000 square km. which is roughly equivalent of Switzerland or the Netherlands. It would be inappropriate to ask ourselves the question in terms of a budget. Strategically, Karabagh is a part of modern Armenia similar to Guimri, Vanadzor or other regions.

 Inevitably, some questions addressed the current internal political situation. The case of Mr. Sefylian was mentioned. Armen Ayvazyan stated that it was incomprehensible that this person in charge of the non-govermental Committee for Defense of the liberated territories aligned himself with a politician, namely Levon Ter-Petrossian whose objective was precisely to return these territories to the Azeris.

 He underlined the consequences of these recent events on the country’s security, since the Azerbaijanis have tested the capacity of Armenian resistance without hesitation on March 4 and lost 8 of their elite soldiers dead in a local assault that was accompanied by the use of heavy weapons, notably artillery.

The evening ended very late and all present expressed their wish to be able to hear Armen Ayvazyan again on other subjects that were addressed briefly during the evening such as the Armenian identity, the relations between Armenia and Turkey, etc.

 Let us hope that the Tchobanian Institute organizes other lectures series in the months to come.

 

Conférence de Marseille

A. Ayvazyan
Dr. Ayvazyan et Prof. Der Mergerian



Retour...



© 2013 - Institut Tchobanian

Retour à la page d'accueil Plan du site