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UNESCO   16/06/2011

L’UNESCO : Arméniens indignez-vous !

Varoujan Sirapian
15.06.2011

A quoi sert l’UNESCO ? Selon leur site Internet « ... à la promotion du dialogue au service de la paix – afin de construire la « paix dans l’esprit des hommes » - l’un des principaux thèmes de la mission de l’UNESCO. »

Après ce que nous avons remarqué aujourd’hui, avec consternation, dans l’enceinte même de cette institution, l’UNESCO est un ‘machin’ qui ne sert pas à grande chose, sauf peut-être à caser quelques pantouflards recalés dans d’autres fonctions !  Déjà en décembre 2005, UNESCO n’a pas fait grande chose quand des centaines de  Khatchkars de Djoulfa (Nakhitchevan) ont été détruits par les Azéris.

Le 15 juin 2011 était annoncé le vernissage de l’exposition « L’Art des Khatchkars – Croix de pierre arméniennes » dans les salles Miro de la Maison de l’UNESCO à Paris, en présence de la Vice-ministre de la culture et de l’Ambassadeur de la République d’Arménie.

Quelques heures seulement avant l’inauguration, la direction de l’UNESCO a sommé les organisateurs de retirer les légendes des photographies des Khatchkars, légendes qu’indiquaient leurs localités, ne laissant que les étiquettes comportant les dates. Imaginez des centaines de photos montrant des Khatchkars, avec seule indication une date !     

Non content d’imposer ce terrorisme intellectuel en effaçant une partie de la mémoire de la culture arménienne (exactement comme les Turcs qui falsifient l’histoire dans les livres scolaires depuis 80 ans) les dirigeants indignes de cette Maison ont supprimé aussi une grande carte historique qui indiquait justement les emplacements de différents Khatchkar. 

Ajoutant la lâcheté à l’injure, les représentants de la direction de l’UNESCO, ont refusé d’être présent lors de l’inauguration et les prises de paroles. Comment pourraient-ils faire face aux centaines d’invités indignés et quels motifs pourraient-ils donner à cette situation inexplicable ?

Selon la définition de Nations Unies la culture de la paix est un ensemble de valeurs, attitudes, comportements et modes de vie, qui rejettent la violence et préviennent les conflits en s'attaquant à leurs racines par le dialogue et la négociation entre les individus, les groupes et les États.

La direction de l’UNESCO devrait commencer à s’appliquer à elle-même ses valeurs, attitudes et comportement avant de les prêcher aux autres. Et peut être réfléchir à cette citation de J. Ferron ; « C'est par la servitude qu'on devient une âme damnée. »

Arméniens, indignez-vous ! 

Exprimez votre colère en adressant vos messages à la Direction de l’Unesco :
par courrier : 
UNESCO 
 Irina Bokova
Directrice générale
 7, place de Fontenoy 
75352 Paris 07 SP France


"Exposition" de Khatchkars à l'UNESCO

Photos des Khatchkars sans indication de lieu. Photo : (c) Sirapian
P. Donabedian. Il s'est indigné en tant que citoyen français et chercheur au CNRS. Photo : (c) Sirapian


COMMUNIQUE du CCAF

Le CCAF exprime sa plus vive indignation suite aux actes de censure inadmissible qui
ont frappé l'exposition "l'art de Khatchkars- croix de pierre arméniennes" au siège de
l'UNESCO, place Fontenoy à Paris. La suppression de toutes les légendes des photos de
cette manifestation culturelle, au motif qu'elles indiquaient les lieux géographiques de ces
monuments, constitue une offense à l'histoire et à la mémoire du peuple arménien et une
grave atteinte au droit à l'information du public sur cet aspect du patrimoine immatériel de
l'humanité.

Le CCAF demande instamment au secrétariat de l'organisation de réintroduire dans
l'exposition les légendes censurées, de replacer la carte montrant l'emplacement
géographique de ces monuments, de revenir sur le caviardage du tableau de présentation
de cette exposition, écrit par le professeur Patrick Donabédian, et de repositionner le
drapeau des Nations-Unies dans la salle d'exposition d'où il a été retiré.

Le CCAF dénonce le caractère aussi odieux que détestable de ces agressions, qui
donnent à cette manifestation culturelle une dimension politique, laquelle révèle au grand
jour l'étendue de l'intolérance et de l'ostracisme dont les Arméniens sont victimes dans la
région, mais aussi au sein de certaines instances internationales qui en l'occurrence ne
font pas honneur à leur vocation.

A Paris, le 16 juin 2011

 


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