Biographie de A.T. > Tchobanian

Sa jeunesse :

Les années de formation d'un poète Arménien

Il est né au mois de juillet 1872 à Bechiktach, un faubourg arménien de Constantinople. Sa mère meurt, un mois après l'avoir mis au monde; son père est un modeste orfèvre.
Il fréquente tout d'abord le collège arménien de Bechiktach, où il reçoit une solide formation en langue arménienne (1882-1886). 
Il n'a que treize ans quand la revue littéraire Bourastan Mankantz publie une élégie qu'il a dédiée à sa mère.

A. Tchobanian en 1889, élève du Lycée Getronagan à Constantinople
A. Tchobanian en 1889, élève du Lycée Getronagan à Constantinople

Un an à Paris

En 1893, à Paris Tchobanian rencontre certains des écrivains dont il a traduit les oeuvres : Alphonse Daudet, Emile Zola, Jean Lorrain, Henry Bauër,... C'est à cette époque qu'il se lie avec Antoine Meillet qui deviendra bientôt un linguiste de renommée mondiale.
L'un de ses projets, dont la mort accidentelle ne permit pas la réalisation, était la publication, en un volume intitulé Un An à Paris, de ces articles qui constituent une captivante chronique de la vie parisienne vue par ce jeune poète arménien, profondément francophile. Au cours de l'été 1894, il rentre à Constantinople. 

Tchobanian et Pierre Quillard à Constantinople au temps des massacres Hamidiens

Dès son retour à Constantinople, il reprend son activité pédagogique et poursuit ses travaux littéraires. Il fonde la revue Dsaghik (La Fleur), qui connaît un grand succès. Zabel Essayan, Roupen Zartarian, Vahan Tekeyan, qui deviendront des sommets dans les lettres arméniennes, y ont fait leurs débuts.
Parmi les écrits de Tchobanian publiés dans cette revue figurent une série de poèmes et des études sur la littérature arménienne et sur la litterature française. L'une d'entre elles est consacrée au poète Pierre Quillard, qui va bientôt devenir une des figures les ples importantes du mouvement arménophiles français. C'est à Constantinople que Tchobanian a rencontré Pierre Quillard qui sera désormais son compagnon de route et in défenseur très actif de la cause arménienne.

Dès la fin du mois de septembre 1895, c'est dans les rues de Constantinople que les Arméniens sont massacrés. Pierre Quillard va voir de ses yeux les faits qui ont été, par la suite, abondamment racontés.

En exil à Paris au temps de la conspiration du silence

Tchobanian n'est pas le premier patriote arménien qui vient en Europe pour plaider la cause de sa nation. Un des professeurs de Tchobanian, Minas Thceraz, le premier directeur de l'Ecole Centrale de Constantinople (Getronagan) s'est établi à Londres où il défend la cause arménienne en publiant un journal franco-anglaise : l'Arménie. D'autres comme Jean Broussali, Tigrane Yergat avaient ouvert la voie en publiant des articles pour plaider la cause arménienne.

Si Tchobanian choisit Paris pour venir y plaider la cause arménienne c'est évidemment parce qu'il s'exprime parfaitement en français et qu'il est déjà introduit dans le monde des lettres et de la presse. Mais à ces raisons il convient d'en ajouter une autre, sans doute déterminante. En France, les massacres d'Arménie sont entourés d'une véritable conspiration du silence. La presse dans son ensemble est presque muette; certains journaux vont même jusqu'à mener une campagne contre les Arméniens qu'ils présentent comme des fauteurs de troubles. 

Tchobanian meurt en 1954 à Paris, victime d'un accident de circulation. 


Archag Tchobanian
et  
le Mouvement Arménophile 
en France

par Edmond Khayadjian
Première édition CNDP, Marseille, 1986
Deuxième édition SIGEST, Alfortville, avril 2001 
352 pages 22 €

  • Librairie Orientale, 51 rue Monsieur le Prince- Paris 6 
  • Librairie l'Harmattan - 16 rue des Ecoles- Paris 5
  • Librairie Jean Touzot - 38 rue St Sulpice -Paris 6
  • Dans les FNAC
  • Librairie Peuple Libre, 2 rue Emile Augier - 26 Valence
  • Chez l'éditeur: Editions Sigest, 29 rue E. Dolet - 94140 Alfortville -F

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Résumé

  Dans la dernière décennie du 19ème siècle, les provinces arméniennes de l'Empire ottoman sont à feu et à sang. Le sultan Abdul Hamid tente de régler la Question arménienne en supprimant les Arméniens : plus de 300000 sont massacrés. Au cours de la guerre mondiale, les Jeunes Turcs planifient et organisent le génocide des Arméniens.
  Quelle fut alors la réaction des écrivains et des intellectuels français devant ces actes de barbarie ? Edmond Khayadjian répond à cette question et révèle l'existence d'un vaste mouvement arménophile.
  Le poète Archag Tchobanian (1872-1954) a joué dans ce mouvement un rôle déterminant. En 1895, il quitte Constantinople et se fixe à Paris. Bien vite, il gagne à la cause arménienne de nombreuses sympathies en faisant connaître le martyre de ses compatriotes, mais aussi en montrant quel peuple est le sien. Véritable ambassadeur des lettres arméniennes, il révèle à l'opinion française les trésors de la culture arménienne.
  Anatole France, Georges Clémenceau, Jean-Jaurès et beaucoup d'autres lui apportent un soutien actif. C'est grâce à Tchobanian que de nombreux écrivains, artistes et hommes politiques sont devenus des arménophiles militants.

Introduction

La génèse du livre

C'est en faisant des recherches sur l'attitude des écrivains français devant la Question arménienne que l'auteur, Edmond Khayadjian, découvre l'influence déterminante exercée par Archag Tchobanian dans la naissance et le développement d'un mouvement arménophile en France.

Dans la Première partie du livre intitulée: 
LE MOUVEMENT ARMENOPHILE EN FRANCE
DE LA "CONSPIRATION DU SILENCE" A 
"LA SYMPATHIE DES COEURS GENEREUX ET DES NOBLES ESPRITS"

Voici quelques chapitres:

  • Le réveil du sentiment national arménien au XIXème siècle
  • Les années de formation d'un poète arménien
  • Tchobanian et Pierre Quillard à Constantinople
  • Les arménophiles de la première heure : Séverine, Henri Rochefort et Pierre Quillard
  • Les massacres d'Arménie par Clémenceau et Tchobanian
  • Une polémique avec Claude Farrère
  • Romain Rolland, Komitas et la musique arménienne
  • Le mouvement arménophile à la veille de la révolution jeune-turque
Quelques images du livre

Dans la deuxième partie
LA PASSION DE L'ARMENIE 
ET
"LE DUR DESIR DE DURER" D'UN PEUPLE EN EXIL

Quelques chapitres:

  • Tchobanian et les Jeunes-Turcs
  • Des massacres de Cilicie
  • Tchobanian et Denys Cochin
  • Du projet des reformes à l'extermination des Arméniens
  • Les écrits de Jacques de Morgan
  • Le poème de Max Jacob
  • Réponses des arménophiles aux injures de Pierre Loti et Pierre Benoit
  • De l'armistice de Moudros au traité de Lausanne
  • Survivance du mouvement arménophile  

 

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