Quelle est la probabilité que TRIPP se produise ?

par | 6 Août 2026 | Tribunes libres

Quelles sont les chances que le programme TRIPP soit mis en œuvre à ce stade ?

 

J’ai souligné à plusieurs reprises que l’administration Trump a atteint, dans le Caucase du Sud et, sans doute, en Asie centrale également, un niveau d’activité et d’engagement qu’aucune administration américaine n’avait réussi à atteindre depuis 1992. Cela ne s’explique pas uniquement par un contexte géopolitique favorable. Le fait que la Russie soit concentrée sur la guerre en Ukraine a eu un impact significatif, ce qui a considérablement affaibli son implication et son influence dans le Caucase du Sud et en Asie centrale. Il en va de même pour l’Iran. Ces circonstances ont permis à l’administration Trump de jouer un rôle beaucoup plus actif dans la région.

 

Cependant, deux autres facteurs clés ont joué un rôle extrêmement important pour rendre ce processus d’une rapidité et d’une efficacité sans précédent.

 

Le premier facteur : Steve Witkoff

D’après les informations disponibles, Steve Witkoff est l’un des architectes de la « Trump Route for International Peace and Prosperity » (TRIPP). L’idée de relier l’Asie centrale à la Turquie et à l’Europe via la TRIPP est attribuée à son équipe. Cette initiative revêt non seulement une importance considérable d’un point de vue économique et des transports, mais présente également une dimension géopolitique majeure.

Il est également crucial que M. Witkoff dispose d’une ligne de communication directe avec le président Trump, ce qui a permis d’éviter l’apparition d’obstacles bureaucratiques et hiérarchiques lors de la phase initiale du projet (février 2025).

Le règlement du conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan offre à Washington l’occasion de priver la Russie de l’un de ses principaux instruments pour maintenir son influence dans le Caucase du Sud : la capacité à tirer parti de la persistance du conflit.

Le deuxième facteur important

Le deuxième facteur important dans ce processus est le style de gouvernance de l’administration Trump, qui se caractérise par une réduction significative des procédures bureaucratiques, en particulier lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre des mesures d’une importance capitale, y compris le recours à la force lorsque cela s’avère nécessaire. Il suffit de rappeler la rapidité avec laquelle les questions relatives au canal de Panama, au Venezuela et à plusieurs autres dossiers en suspens ont été traitées.

Les processus décisionnels avancent aussi rapidement que possible, sans les retards bureaucratiques habituels, ce qui permet de faire progresser ces projets géopolitiques de grande envergure et de trouver des solutions plus rapidement.

Dans ce contexte, il est important que le président Trump s’implique personnellement dans ces processus. De plus, Marco Rubio supervise non seulement le Département d’État, mais aussi les travaux du Conseil national de sécurité, ce qui contribue à une coordination plus étroite entre les institutions chargées de la politique étrangère et celles chargées de la sécurité nationale.

De ce fait, la concurrence entre les différents organismes et la longueur des procédures d’approbation interinstitutionnelles sont réduites au minimum, ce qui rend la prise de décision et la mise en œuvre plus rapides et plus efficaces.

Ni Trump ni les principaux membres de son équipe n’ont jamais été des fonctionnaires au sens traditionnel du terme. C’est précisément ce qui leur a permis de comprendre à quel point la bureaucratie complique non seulement l’adoption des décisions politiques, mais aussi leur mise en œuvre, même lorsque ces décisions portent sur des questions urgentes et d’importance stratégique.

À cet égard, le gouvernement actuel se distingue favorablement de tous les gouvernements précédents, sans exception. Il s’agit bien sûr de facteurs essentiels, mais ce ne sont pas les seuls.

Il existe également un certain nombre de facteurs susceptibles d’entraver la mise en œuvre du programme TRIPP, malgré ces efforts considérables. J’aborderai ces questions séparément dans un autre article.

Au vu de toutes les informations disponibles à ce stade, on peut conclure que le projet TRIPP continue d’avancer malgré les complexités et les défis existants, notamment les positions des acteurs mondiaux sur cette question. Les principales préoccupations concernent ici l’Iran et la Russie.

On constate que les retards actuels ne sont pas dus à des obstacles bureaucratiques ou à des litiges administratifs, mais résultent plutôt de processus qui échappent au contrôle direct de l’administration Trump.

L’administration Trump a nommé Konstantin Sokolov au poste de responsable chargé de veiller à la bonne affectation et à la bonne utilisation des ressources financières allouées au projet TRIPP. Cela montre que l’administration est déterminée à résoudre ce problème dans les meilleurs délais et qu’elle est prête à débloquer les fonds nécessaires au cours de l’exercice budgétaire en cours.

Sokolov jouit d’une grande confiance tant en Arménie qu’aux États-Unis. Il est présent sur le plan commercial en République d’Arménie et possède une excellente connaissance des réalités du terrain. Parallèlement, il bénéficie de la confiance de l’équipe de Trump, puisqu’il est l’un des principaux donateurs républicains.

Cette nomination permet donc de faire appel à une personne qui maîtrise parfaitement l’administration, possède une excellente connaissance de l’Arménie et sait mettre en place des canaux de coopération efficaces sans retards bureaucratiques supplémentaires.

Source :

How Likely Is the Chance of TRIPP Being Implemented at This Stage?

Traduit de l’anglais par Jean Dorian