Je suis très heureux que, sur ma proposition, l’Université française en Arménie (UFAR) que j’ai mise sur pied lorsque j’étais à Erevan (2002-2006) ait obtenu le Prix du Rayonnement de la langue française, attribué par vote du conseil d’administration de la DLF (Défense de la langue française, présidée par un académicien) : concurrence très rude, vous vous en doutez, pour ce prix prestigieux qu’elle partage à égalité de votes (11 voix chacune) avec une association qui promeut efficacement la langue française dans le quinzième arrondissement de Paris, ACE 15 !
J’ai instruit seul sa candidature, sans en parler à quiconque (pour ne pas susciter de vaines attentes et une déception probable au bout), avec en appui le texte de mon intervention au colloque des chaires Senghor de Français qui s’est tenu à Erevan début novembre 2013 et qui figure en annexe de mon essai Arménie, l’âme d’un peuple : L’esprit de l’UFAR qui me parait exposer la charte morale de cette université et ses premiers succès durant ma présence à Erevan.
Henry Cuny
A mon arrivée 9 étudiants sur 10 ne connaissaient pas un mot de français, ni le sens où nous l’entendons du mot « dissertation » qui implique la liberté de pensée, dans le contexte post-soviétique. Cinq ans plus tard, en juin 2006, la première promotion de juristes de l’UFAR remportait le Concours européen des Droits de l’homme René Cassin, l’un des plus importants parmi les concours de plaidoirie simulée francophone : le Mémoire en requête présenté par les étudiants de l’Université française en Arménie a été classé premier devant dix-huit autres équipes issues d’une dizaine de pays, parmi les plus anciennes et réputées universités d’Europe.
Ce nouveau prix est une divine surprise pour la présente Rectrice !!! On compte aujourd’hui environ 3000 diplômés dont, selon les derniers Recteurs, 93% occupent des postes de responsabilité en Arménie. J’imagine la fierté des étudiants dans la grisaille du contexte actuel, à la fois intérieur et international avec ces incertitudes aux frontières du pays… Le Quai d’Orsay pourra constater que la formation des élites est un bon placement. La France en tirera en tout cas un surplus de visibilité et l’Arménie une fierté pour sa jeunesse, un espoir pour demain.
Le prix sera remis au Sénat le 11 mai prochain.
Henry Cuny
Ancien ambassadeur de France en Arménie
(janvier 2002 – octobre 2006)
Président d’honneur de l’Institut Tchobanian




