Talaat Pacha, l’architecte du génocide arménien, écrivait dans une lettre datée de 1915 : « Nous voulions ne laisser qu’un seul Arménien derrière nous, et ce, uniquement dans un musée. »
Si les tendances désastreuses qui prévalent actuellement en Arménie se poursuivent, ce que Talaat avait prévu de mettre en œuvre, mais n’avait pas pleinement réussi à réaliser, est en train d’être accompli par le gouvernement arménien.
Arsen Torosyan, haut responsable du gouvernement du Premier ministre Nikol Pashinyan, a déclaré au Parlement arménien en mai : « Nous devons organiser l’immigration, même si cela ne cadre pas avec les soi-disant idées nationales. Des dizaines de milliers de personnes doivent immigrer ici. Sans cela, rien ne sera possible. Nous devons également changer cette mentalité monoethnique qui règne dans nos esprits. Car il n’y a pas d’autre moyen de survivre dans cette région. » M. Torosyan est ministre du Travail et des Affaires sociales de l’Arménie. Il a auparavant occupé les fonctions de ministre de la Santé, de chef de cabinet du Premier ministre et de député, et siège au conseil d’administration du Parti du Contrat civil, au pouvoir.
Il s’agit là d’une idée anti-arménienne, tout comme la quasi-totalité des autres mesures prises par le Premier ministre Nikol Pashinyan. Tout dirigeant arménien sensé, avant de se précipiter pour faire venir des dizaines de milliers de non-Arméniens en Arménie, chercherait à inciter une partie des sept millions de membres de la diaspora arménienne à immigrer en Arménie.
Au lieu de cela, Pashinyan s’emploie à renier l’histoire et la culture de l’Arménie, et s’attache désormais à en altérer la composition démographique. Il a d’abord cédé la région arménienne de l’Artsakh à l’Azerbaïdjan, après avoir sacrifié des milliers de jeunes soldats arméniens. Il a ensuite autorisé l’Azerbaïdjan à occuper certaines parties de la République d’Arménie à partir de 2021 et 2022. Il évoque désormais la possibilité de céder Tigranashen à l’Azerbaïdjan.
Pashinyan a ensuite dévalorisé des symboles nationalistes arméniens sacro-saints, comme le mont Ararat.
Avant de nous inquiéter de l’accueil réservé par le gouvernement arménien aux Arméniens de la diaspora, nous devrions nous alarmer davantage du fait que ses propres citoyens se voient empêcher de venir en Arménie pour voter le jour du scrutin. Le Parlement arménien vient d’adopter une loi exigeant que les citoyens qui rentrent au pays pour voter aient d’abord résidé en Arménie pendant un an. Il s’agit là d’une atteinte au droit démocratique le plus fondamental des citoyens.
Le gouvernement complique également considérablement l’accès à la nationalité arménienne pour les Arméniens de la diaspora, au lieu de leur proposer des mesures incitatives pour qu’ils s’installent dans leur pays d’origine, ce qui permettrait d’augmenter la population de l’Arménie.
Il y a plusieurs années, alors que Zareh Sinanyan, haut-commissaire aux affaires de la diaspora arménienne, s’apprêtait à se rendre au Liban, il a déclaré aux médias qu’il souhaiterait faciliter l’installation d’Arabes en Arménie. Il ne semble pas savoir que sa mission consiste à travailler avec la diaspora arménienne, et non à encourager l’émigration d’Arabes, de Chinois ou de toute autre nationalité vers l’Arménie.
L’installation de non-Arméniens en Arménie
Le plus effrayant dans les propos des responsables arméniens concernant l’installation de non-Arméniens en Arménie, c’est qu’ils ouvrent la voie à l’arrivée de 300 000 Azéris en Arménie, ce qui signifierait la fin de la République d’Arménie. Depuis des mois déjà, le président Aliyev exige que le gouvernement arménien accepte que 300 000 Azéris émigrent en Arménie. Aliyev a d’ailleurs déjà rebaptisé l’Arménie « Azerbaïdjan occidental ». Torosyan et Pashinyan iraient-ils jusqu’à étendre leurs positions anti-arméniennes en accueillant ces 300 000 Azéris en Arménie ? Malheureusement, je pense que c’est une possibilité tout à fait réelle. Si cela ne suffit pas à détruire l’Arménie, il y a des millions de Turcs qui vivent de l’autre côté de la frontière arménienne. Les dirigeants arméniens auraient-ils l’audace d’inviter un très grand nombre de Turcs à s’installer en Arménie ? Je crains que ce ne soit le cas.
Javier Villamor, un analyste non arménien, a écrit dans *The European Conservative* que la remarque de Torosyan « a déclenché un débat interne houleux sur l’identité nationale, la démographie et l’orientation stratégique du pays… L’Arménie s’est définie pendant des décennies comme une exception démographique dans une région marquée par des lignes de fracture ethniques, des guerres et des déplacements massifs de population. Petit pays comptant à peine trois millions d’habitants, avec une population homogène composée à 97-98 % d’Arméniens, elle s’est construite politiquement autour de la survie nationale au lendemain du génocide ottoman, de l’effondrement de l’Union soviétique et du conflit du Haut-Karabakh. Aujourd’hui, pour la première fois, des personnalités proches du Premier ministre Nikol Pashinyan commencent à s’exprimer publiquement sur la nécessité de rompre avec ce modèle. »
Si le gouvernement arménien souhaitait réellement voir la population de l’Arménie augmenter, il ferait tout son possible pour que ceux qui y vivent déjà restent dans le pays. Il devrait également fournir les logements et les emplois nécessaires pour que les Arméniens qui se sont installés en Arménie ces dernières années en provenance d’Irak, de Syrie, du Liban et de l’Artsakh restent dans le pays : malheureusement, des dizaines de milliers d’entre eux ont déjà quitté l’Arménie.
S’opposer à l’intention annoncée par le gouvernement arménien d’accueillir un grand nombre d’étrangers en Arménie n’est pas du racisme. Cette opposition repose sur le fait que la nation arménienne, après avoir subi de multiples massacres, voire un génocide, doit préserver de l’extinction sa civilisation vieille de plusieurs millénaires.


