Par Bradley Martin
Si le régime iranien tombe, méfiez-vous de l’influence régionale d’Ankara.
Tout en neutralisant la menace régionale que représente l’Iran, les États-Unis et Israël doivent veiller à ce que la Turquie ne prenne pas sa place.
Après la guerre en Irak, l’Iran a exploité le vide politique laissé par Saddam Hussein. Il a envoyé des terroristes du Corps des gardiens de la révolution islamique former des groupes djihadistes chiites de l’autre côté de la frontière afin d’entraîner les États-Unis dans une occupation coûteuse tout en étendant l’influence régionale de l’Iran.
« Les forces iraniennes ont tué et mutilé des centaines de militaires américains en Irak », a déclaré samedi le président Trump. « Les mandataires du régime ont continué à lancer d’innombrables attaques contre les forces américaines stationnées au Moyen-Orient ces dernières années, ainsi que contre les navires militaires et commerciaux américains et les compagnies maritimes internationales. »
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a critiqué les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran, les qualifiant de « violation flagrante » du droit international. M. Erdoğan s’est également dit « attristé » par le décès de l’ancien guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.
M. Erdoğan, dont le pays est un membre clé de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, n’a manifesté aucune compassion pour les milliers d’Iraniens innocents qui ont perdu la vie lors des manifestations de janvier. Le gouvernement turc aurait accepté de coopérer avec Téhéran pour arrêter les personnes qui ont manifesté contre le régime iranien en Turquie. Selon les informations de NewsNation, certaines des personnes arrêtées auraient ensuite été exécutées en Iran.
M. Erdoğan souhaite diriger le monde islamique et se considère comme le gardien de l’islam, une sorte de sultan ottoman des temps modernes. Cela explique pourquoi la Turquie s’est révélée être un mauvais partenaire pour l’OTAN en ce qui concerne l’Iran. En 2012, Ankara aurait divulgué à l’Iran l’identité d’une dizaine de citoyens iraniens qui espionnaient pour le compte d’Israël et recueillaient des informations sur le programme nucléaire iranien. Danny Yatom, ancien chef du Mossad israélien, a qualifié cet incident de coup dur pour les agences occidentales qui tentent de recueillir des renseignements sur le programme nucléaire iranien.
Le raid mené en 2015 par la Delta Force américaine contre le complexe abritant le directeur financier de l’État islamique, Abu Sayyaf, a permis de découvrir des liens indéniables entre le groupe terroriste et des responsables turcs. À l’époque, l’EI gagnait des millions de dollars par mois en vendant du pétrole sur les marchés noirs.
La Turquie a également utilisé la crise des réfugiés syriens pour obtenir des concessions de la part de l’Union européenne. On peut citer comme exemples l’accord conclu en 2016 entre l’UE et la Turquie, en vertu duquel l’UE a accepté de fournir une aide de 6 milliards d’euros à la Turquie en échange de l’engagement d’Ankara à mettre fin à l’immigration clandestine vers l’Union, et la crise frontalière de 2020, au cours de laquelle M. Erdoğan a annoncé que la Turquie n’empêcherait plus les réfugiés d’entrer en Europe, un acte que le gouvernement grec a qualifié de « diplomatie de l’extorsion ».
L’OTAN doit-elle poursuivre ses relations avec la Turquie ? Quel devrait être son rôle au Moyen-Orient après la chute du régime iranien ? En réfléchissant à ces questions, les États-Unis ne doivent pas oublier que la Turquie s’oppose à leur politique étrangère et qu’elle est un casse-tête pour ses alliés.
Source :
https://www.thecaliforniacourier.com/an-urgent-need-to-contain-turkey/
Traduit de l’anglais par Jean Dorian


